Dans ma médiathèque, Lectures

L’amour, c’est l’infini mis à la portée des caniches, j’ai ma dignité moi.

Attention : cet article contient des spoils qui n’enlèvent rien à mon sens à la beauté du livre, mais si tu veux découvrir le Voyage au bout de la nuit par toi-même, passe ton chemin !

Voyage_au_bout_de_la_nuit.jpgEt je restais, devant Léon, pour compatir, et jamais j’avais été aussi gêné. J’y arrivais pas… Il ne me trouvait pas… Il en bavait… Il devait chercher un autre Ferdinand, bien plus grand que moi, bien sûr, pour mourir, pour l’aider à mourir plutôt, plus doucement. Il faisait des efforts pour se rendre compte si des fois le monde aurait pas fait des progrès. Il faisait l’inventaire, le grand malheureux, dans sa conscience… S’ils avaient pas changé un peu les hommes, en mieux, pendant qu’il avait vécu lui, s’il avait pas été des fois injuste sans le vouloir envers eux… Mais il n’y avait que moi, bien moi, moi tout seul, à côté de lui, un Ferdinand bien véritable auquel il manquait ce qui ferait un homme plus grand que sa simple vie, l’amour de la vie des autres. De ça, j’en avais pas, ou vraiment si peu que c’était pas la peine de le montrer. J’étais pas grand comme la mort moi. J’étais bien plus petit. J’avais pas la grande idée humaine moi. J’aurais même je crois plus facilement senti du chagrin pour un chien en train de crever que pour lui Robinson, parce qu’un chien c’est pas malin, tandis que lui il était un peu malin malgré tout Léon. Moi aussi j’étais malin, on était des malins… Tout le reste était parti au cours de la route et ces grimaces mêmes qui peuvent encore servir auprès des mourants, je les avais perdues, j’avais tout perdu décidément au cours de la route, je ne retrouvais rien de ce qu’on a besoin pour crever, rien que des malices.

On ne peut pas dire que je te parle de choses joyeuses en ce moment. On ne peut pas non plus dire que j’ai choisi le meilleur auteur pour un article « émotion ».
C’est vrai. J’aurais pu choisir Hugo, Zola, Balzac, Proust même… Mais non. Il a fallu que mon passage préféré de la littérature française (le peu que j’ai lu, oh, calme toi !) ait été écrit par Céline. L’écrivain nazi, qui a fait bondir certains khâgneux de ma « génération », d’aucuns qualifiant ses écrits de vomi. Oui. Céline était antisémite. C’est le moins que l’on puisse en dire, mais ce n’est pas de l’homme que je veux parler, mais des écrits. Antisémites eux aussi, me dira-t-on. Certains, il est vrai. Par chance, ce passage ne l’est pas. C’est lui dont je voudrais te parler aujourd’hui. Lire la suite « L’amour, c’est l’infini mis à la portée des caniches, j’ai ma dignité moi. »

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Monster – Naoki Urasawa

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D’abord, Monster, c’est un manga de Naoki Urasawa paru au japon entre 1994 et 2002 (entre prépublications et fin de la publication en volumes reliés).
Mais c’est surtout, je l’avoue, le seul que j’ai lu.

Je crois que j’avais entre 8 et 10 dans, quand, alors que j’arrivais dans le bureau de mes parents pour leur dire bonne nuit, j’ai vu des images de l’animé qui en a découlé. Il y avait des hommes, le regard vide, qui perpétraient des actes atroces. Dit comme ça, ça ne fait pas vraiment envie, il est vrai. Mais j’en étais comme fascinée. J’ai dû en voir plusieurs extraits, et cet animé n’a cessé de me fasciner.
Bien vite, j’ai trouvé les quatre premiers tomes dans la bibliothèque parentale. Le premier me fascinait en raison d’une vignette sur laquelle on pouvait voir une opération du cerveau. (Les opérations en tout genre me fascinaient alors.)
C’est ainsi qu’a commencé ma folle (j’en fais peut-être beaucoup) épopée au cœur de cette histoire. Lire la suite « Monster – Naoki Urasawa »

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Le château ambulant – Hayao Miyazaki

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Il faut bien commencer par le dire : Miyazaki et moi, c’est une histoire d’amour de longue date.
Aussi loin que je me rappelle, je l’ai toujours connu. Ça a dû commencer avec Mon voisin Totoro aux alentours de mes quatre ou cinq ans — mes parents vous diraient ça mieux que moi — pour ne plus jamais s’arrêter. J’ai regardé avec plaisir Princesse Mononoké qui doit être une de mes histoires préférées, j’ai eu peur (longtemps) du Voyage de Chihiro à cause de ce monstre horrible qui mange tout avec son ventre (a-t-on seulement idée ?). Je me souviens beaucoup plus vaguement de Kiki la petite sorcière, du Royaume des chats, de Porco Rosso et du Château ambulant. Je les ai moins vus, et ils ont certes moins marqué mon enfance, mais je ne les en aime pas moins. Il y a aussi Nausicaa et Le château dans le ciel dont je me souviens finalement assez peu, sans parler de ceux que j’ai pu voir sur le tard comme Arrietty et Ponyo sur la falaise.
Il y en a sans doute que j’oublie, et tout autant que je n’ai pas encore vus. (Depuis la fin de Harry Potter je ne suis plus de ces fans qui accourent à chaque sortie, j’aime bien prendre mon temps.)
Les bases étant posées, il est temps de t’en parler. Lire la suite « Le château ambulant – Hayao Miyazaki »

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Chanson douce – Leïla Slimani

Il peut paraitre étrange de mettre ce livre dans une catégorie « feel good » une fois que l’on connait le thème qui est, il faut bien le dire, tout sauf « feel good ».
Pourtant, c’est un livre qui m’a très vite embarquée et que j’ai eu plutôt du mal à lâcher. Peut-être pas autant que La vérité sur l’affaire Harry Quebert, mais tout de même.

Il s’agit de l’histoire d’une famille tout ce qu’il y a de plus classique cherchant une nounou après l’arrivée du petit deuxième. Et il semble qu’ils trouvent LA nounou parfaite. Jusqu’au jour où… Lire la suite « Chanson douce – Leïla Slimani »

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Marcel

J’ai ouvert Du coté de chez Swann à 17 ans à peine, avec une sorte d’air de défi envers un géant invincible, refusant de me laisser mettre à terre par un livre.
Pour la première fois de ma vie, j’ai eu l’impression d’être véritablement confrontée à beaucoup plus grand. J’ai lu avec émotion (et non sans une certaine déception) le passage de la madeleine. À ce moment là, je me suis dit « On y est, il est là », et je crois même avoir versé une larme. J’en avais toujours entendu parler ou presque, de cette « madeleine de Proust », et j’avais comme l’impression de revenir aux origines. J’ai été aussi émue que devant des livres datant de plusieurs siècles, qui ont traversé les âges et sont passés de mains en mains avant d’atterrir dans les miennes. Mais en même temps que cette excitation de lire un si grand passage de la littérature française, je me rappelle avoir pensé « ce n’est donc que ça, la madeleine ? » Reste que l’émotion demeurait. Lire la suite « Marcel »