Marcher avec Lui, Tranches de vie

Par manque d’amour…

Il y a quelques jours, j’ai recommencé à tweeter. Je me suis laissée reprendre au jeu, et puis après tout, je peux bien tweeter si j’en ai envie, arrêter si ça ne me tente plus. Ce n’est pas bien signifiant, et ça me laisse finalement assez libre de faire comme je le sens.
Aujourd’hui, pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de me souvenir des raisons qui m’avaient poussées à m’en aller.
Ce matin, donc, en parcourant les tweets des gens que je suis, j’ai vu passer un débat visiblement assez animé. Le point de départ de tout ça était la discussion d’un ami et d’une personne que je ne connais pas à propos des crèches de Noël. Puis une personne plus antithéiste qu’athée s’en est mêlée, et tout a dégénéré. Chacun campant sur ses positions, l’un contre les croyances religieuses au nom de la science, les autres tentant de lui montrer qu’on peut bien faire comme on veut après tout. Parmi ces autres, croyants et athées… Et je n’ai pu m’empêcher de me joindre à eux, expliquant qu’il n’était pas question de prouver scientifiquement l’existence de Dieu appelant Kant à la rescousse. Pourtant, il faut bien l’avouer, ce débat était basé sur une hostilité d’emblée de l’un contre les autres, et d’une ironie moqueuse de la part de ces autres auxquels je me suis allègrement mêlée.
Que je ne sois fondamentalement pas d’accord avec la personne contre qui j’ai tenté d’argumenter ne fait aucun doute, et j’aime par ailleurs bien débattre. Pourtant, en quittant cette discussion, je me suis sentie plus lasse et honteuse que fière d’avoir défendu quelque chose sans trop savoir ce que je défendais.
Que cette personne pense qu’il est absurde de croire en Dieu, que les religions ne devraient avoir aucune place dans l’espace public, c’est bien son droit le plus strict, mais ça ne change surtout rien à ma vie. À l’issue de cette discussion, je doute que nous ayons réussi à l’intéresser à la religion dans ce qu’elle peut avoir de plus grand (il faut dire que ce n’est pas là ce que l’on a montré), je suis également certaine que je ne vais pas cesser d’aller à la messe ou renoncer à mon baptême. Finalement, tout le monde campe sur ses positions, chacun méprisant allègrement l’autre. J’en ai honte.
J’ai honte de m’être laissée aller à ce qui m’énervait justement, et m’avait conduite à quitter le réseau social : des prises de têtes inutiles, pures pertes de temps qui n’apportent rien que ce soit intellectuellement ou spirituellement. Je n’en suis pas sortie grandie et je suis à peu près sûre de n’avoir alors rien montré de ce que peut apporter l’Amour de Dieu dans une vie. J’ai honte parce que je sens bien que ce n’est pas là quelque chose qui me plait, mais aussi parce que j’ai l’impression d’avoir un peu échoué.

Il faut bien que je me rende à l’évidence, je suis assez donneuse de leçons comme fille, et j’ai l’impression que là, je n’ai pas assez écouté les leçons que je suis si prompte à donner.
Je suis plutôt convaincue que l’évangélisation peut passer par le témoignage vivant, bien plus que par les grands discours. Et je n’ai pas l’impression d’avoir témoigné au cours de cette discussion. Je n’ai pas l’impression d’avoir aimé mon prochain comme moi-même, ou même d’avoir montré un visage apaisé de la religion.
Je suis pourtant convaincue au plus profond de moi que c’est en agissant en chrétiens envers et contre tout, en vivant pleinement notre foi sans être dans le jugement d’autrui que l’on peut adoucir les cœurs les plus endurcis. Je ne pense même pas à convertir qui que ce soit, simplement désamorcer cette hostilité. Bien sûr, il n’est jamais plaisant de s’entendre dire que l’on est crédule, de se faire prendre de haut par une personne qui manifestement connait moins bien son sujet que nous. On a un peu envie de lui rabattre le caquet, et c’est ce que l’on a fait, ou que l’on a du moins essayé de faire. Mais je suis sûre que tout ceci n’a finalement servi à rien, si ce n’est à renforcer chacun dans ses positions.
J’ai honte, finalement, d’avoir plus agi par orgueil et énervement que par Amour. Comment pourrais-je alors être crédible quand je tente de raconter l’immensité de l’Amour de Dieu pour expliquer ce en quoi je crois ? Cette confiance douce et moelleuse qui me permet de me reposer parfois, qui me pousse à avancer, me remettre en question, cogiter bien souvent ?
J’ai honte parce qu’un ami m’a un jour fait remarquer que, chez beaucoup de catholiques qu’il avait croisés, les idéaux d’amour, de pardon, d’ouverture n’étaient finalement que de belles paroles que l’on ne voyait pas trop à l’œuvre dans les comportements, et que je n’ai pas l’impression aujourd’hui de pouvoir le démentir, concernant ma personne du moins.

Finalement, tu sais, elle m’aura peut-être apporté un petit quelque chose, cette discussion. Une petite certitude, tout au fond, qui ne sera jamais une preuve, que Dieu est là. Ce petit quelque chose que je ne saurais pas expliquer, qui se taisait avant, et qui est là maintenant. Un quelque chose qui avance tout doucement.
Tu sais, c’est pas tant le fait d’essayer d’expliquer que croire ça peut-être cool que la honte qui a joué. La foi, ça s’intellectualise pas trop je crois. Il y a la théologie, bien sûr, qui dit beaucoup, qui peut renforcer tout ça, mais ça n’est pas la foi. Ce n’est pas une croyance non plus, la foi, ça n’est pas juste de la crédulité. C’est plus proche d’un sentiment je crois.
C’est peut-être de là qu’elle vient cette honte finalement. Je l’ai faite taire ma foi, en essayant d’expliquer trop. La foi, c’est comme l’amour, ça ne s’explique pas. Ça se rayonne, ça se vit, ça se crie si l’on veut, ça se garde au creux du cœur parfois. Non, vraiment, je crois que ça ne s’explique pas.

Pardon. IMG_8408

 

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Au quotidien, Marcher avec Lui, Tranches de vie

Seigneur, fais de nous des éclaireurs de ta paix

Ça pourrait être une redite, c’est vrai.
Je t’en avais déjà parlé des petits lampions, des gosses qui apportent la lumière partout dans la ville, des chemises colorées, de la joie, des sourires, et surtout de la paix. Bref, la Lumière de la paix de Bethléem, je t’en avais touché deux mots.

Mais cette année, je n’aurais pas vraiment dû participer. Je ne connaissais pas de scouts et guides de France à Bordeaux, d’ailleurs, je ne suis même plus guide de France..
Et puis, dimanche dernier, à la messe, il y a eu cette fille en chemise beaucoup trop orange pour ne pas être scoute. Heureux hasard, elle est aussi dans ma promo, et après des heures à se raconter des histoires de blelages, de nœuds, de chemises et de foulards, elle m’a proposé de participer.
C’est ainsi qu’en ce dimanche matin, je me suis levée bien trop tôt pour rejoindre tous ces gens hauts en couleurs.  Lire la suite « Seigneur, fais de nous des éclaireurs de ta paix »

Marcher avec Lui, Tranches de vie

Te savoir là

Voilà presque trois semaines que je suis là, et je n’ai pas encore pris le temps.

Il est à la bonne hauteur pourtant, Tu sais ? Juste assez haut pour m’agenouiller. Je n’ai juste pas pris le temps. Je ne peux pas dire que je ne l’ai pas eu. Le temps pour Toi, on l’a toujours au fond. Tu nous le donnes un peu, je crois. Non, vraiment, c’est moi. Pourtant, il est bien là ton coin à Toi, juste à côté de ma table de chevet. Bien là avec Ta Bible, Tes mots, cette petite figurine qui prie toujours pour Ta paix, Ta lumière même, bien qu’elle n’ait pas encore été allumée… Tout est bien là sauf moi. Pourtant je pourrais le soir, les prendre ces quelques minutes avec Toi. Je pourrais, c’est vrai. Pourtant tu sais, Tu es toujours là. Le Premier que l’on voit en arrivant par les rideaux entre ouverts, Le Premier à accueillir dans mon petit chez moi, comme pour rappeler que Tu es toujours là.

Lire la suite « Te savoir là »

Marcher avec Lui, Tranches de vie

Te remettre au centre de tout.

Insomnie. On dirait que c’est une habitude pour le sommeil, de me fuir quand il ne faudrait pas.

Alors j’en ai profité pour regarder un peu comment elle avait été cette année, à travers le compte Instagram, qui avait fini par prendre le relais de twitter.
Je n’y ai vu que du doux, que du joli.

Fou.

J’ai comme l’impression que des années me séparent de ce mois d’octobre, au début de ce blog, de ces mois de décembre, janvier et février.
Il est parti où le doux ?
Je l’avais sentie dure cette année, vraiment trop. Elle semble douce pourtant à me relire, un peu après.
Elle était peut-être jolie, finalement. Oui j’y gagnerais peut-être à me souvenir du joli.

Il y avait les vêpres du mercredi, la messe du dimanche, les soirées douces à essayer de travailler, la musique, les cappuccino, les repas et les gâteaux. Il y a eu un peu de scouts, mais pas assez, c’est vrai. Il y a eu le début du baptême à préparer, les gens chouettes rencontrés. Il y a eu les films aussi. Il y a eu des questions, beaucoup, tout le temps. Elles sont encore là elles, un peu loin de ce doux, qui essayait de se trouver des habitudes.

Et qu’elle est douce à relire cette année qui semble si loin ! Qu’elle me semble jolie soudain ! Comme j’aimerais retrouver Marie, plus jeune d’un an pour lui dire de s’y agripper à son doux, qu’il file vite et qu’une minute d’inattention suffit à le laisser s’en aller.

On n’est pas le premier janvier, mais elles sont là les résolutions. De nuit en pleine insomnie, de s’efforcer de mettre le doux un peu partout, de Te remettre au centre de tout.

Il est peut-être parti là le doux, avec Toi quand je n’étais pas là.
Peut-être qu’il n’est même pas parti.
Toujours avec Toi.
Peut-être que c’est à moi de revenir. De Te revenir.

Te remettre au centre de tout.

Merci !