Au quotidien

Il faut bien…

Je n’ai pas envie de rentrer.
Ça doit faire une heure et demi que je marche, oscillant entre bonne humeur et légère mélancolie.
Il fait nuit.
Les rues sont désertes.
Il n’y a que moi. Moi, et la musique dans mes oreilles, qui suffit à changer du tout au tout les pensées qui viennent à mon esprit.

Il y a les camps scouts, qui reviennent dans la nuit, avec toutes ces odeurs de terre mouillée, de feuilles mortes. Il y a presque la même légère fatigue. L’envie de retrouver le duvet froid, de s’y glisser une bonne fois pour toutes, et terminer la journée. Une de plus avant la fin du camp que l’on espère parfois quand elles ont été pénibles les petites, une nuit de plus dans ce duvet, et une nuit de moins avant de retrouver un lit, une douche, un vrai oreiller. Il y a cette même sensation d’être seule, vraiment, et de ne rien trouver d’autre à faire que prier. Comme le soir dans mon duvet, quand au lieu de discuter avec des gens, je remplis le temps en priant.
Il y a ces rues, prises au hasard, qui me font découvrir un peu plus ma ville.
Il y a ces pensées, pas toujours chouettes que je laisse vagabonder dans mon esprit, parce qu’elles aussi, elles ont besoin de sortir de temps en temps.
Et puis il y a ce chat, que je suis dans une rue inconnue, avec qui je discute un peu avant qu’il ne rentre chez lui, lui. Alors je continue ma route.

Vraiment, je n’ai pas envie de rentrer.

Alors je tourne, encore et encore, autour de chez moi, trouvant sans cesse de nouvelles rues à explorer. Surtout ne pas rentrer. Surtout ne pas stopper le flot des pensées.
Elles viennent bien mieux en marchant les pensées. Je les aime bien je crois, elles, qui trouvent le temps de vagabonder avec moi. Bien plus que quand je tourne en rond chez moi, parlant à quelqu’un qui n’existe pas. Elles marchent avec moi, et elles n’ont pas envie de partir.
Alors je n’ai pas envie de rentrer.

J’ai envie de continuer à sentir les odeurs, j’ai envie de sentir mon corps qui se fatigue, de photographier tout et rien. De rater mes photos, parce que c’est pas bien grave.

Je n’ai pas envie de rentrer.

Et en même temps que je me dis ces mots, pas envie, je ne peux pas m’empêcher de me demander : et quand on ne peut pas rentrer ? C’est un luxe finalement, de pouvoir rechigner à rentrer. On a quelque part où rentrer, et l’on refuse, on se détourne, on fait des caprices, comme cet enfant qui sait qu’il va bien devoir finir par dormir.
J’ai de la chance finalement, de ne pas avoir envie de rentrer.

Et je continue à marcher.
Une rue.
Une autre.
Je sais qu’il va falloir finir par rentrer.

Accroupie.
Je photographie des brins de blé.
Je n’ai pas envie de rentrer.

Une rue, une autre.

Me voilà devant le portail. Même l’odeur à changé. Elle est plus familière.

Il faut bien rentrer.

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