Au quotidien, Tranches de vie

Dans le silence de la vie

Ça a dû commencer au collège cette habitude.
Sortir de cours : les écouteurs.
Dans la rue : les écouteurs.
En voiture, dans les transports : les écouteurs.
Et ça n’a plus cessé, cette habitude du bruit de fond. Dans ma chambre, tout le temps. Ça a continué dans mon premier chez-moi, jusqu’à la musique classique en travaillant. Tout ça, pendant presque trois ans.
Il y avait un bruit de fond dans ma vie. Tout le temps. Quoi que je fasse et où que j’aille, de la musique, adaptée ou pas à mon humeur. Un bruit, un truc, comme pour ne pas être seule. Toujours quelque chose.

Mais depuis quelques temps je peine. Je rechigne. Je ne sais plus quoi mettre dans mes oreilles, je ne sais plus trop de quoi j’ai envie.
J’écoute des gens qui racontent des choses interessantes quand je marche, quand je fais la vaisselle, et j’aime bien, c’est vrai. Pourtant, ce n’est plus un besoin comme avant. À tel point que j’oublie parfois, en sortant d’un commerce, de le remettre mon casque. À tel point que je l’éteins parfois, ma musique-bruit.

Et puis, je me demande, tu sais, si elle ne sert pas un peu à éviter de penser, ma musique-bruit tout le temps, que je chantonne en marchant. Si elle n’essaie pas de se faire une place dans mon cerveau, à la place de tout plein de choses, à la place des bruits du monde et de la vie.
Alors parfois, j’oublie de remettre ma musique-bruit, et j’écoute, perdue dans mes pensées, les bruits du monde. Je chantonne des « Je vous salue Marie », comme pour combler le vide de mes oreilles, le remplir un peu de Toi. Et je redécouvre un peu le monde aussi, qui vit autour de moi.
C’était pour éviter un peu la solitude, toute cette musique, je crois. Et finalement, on est bien plus seul avec que sans, et il fait du bien le silence d’une rue vide, de la maison voisine inhabitée le temps d’un weekend. Le silence interrompu des bruits du monde, contre lesquels on ne peut rien , et qui finalement accompagnent un peu la vie.

Je crois que j’aime ça. Profiter du silence, du bruit du monde et de celui de ma tête, pas interrompue par les paroles d’autres, qui entrent et prennent un espace qui n’est plus disponible ailleurs.
Alors, de plus en plus, j’accepte d’être seule dans un monde qui est là. Avec d’autres gens seuls, et ceux qui ne le sont pas. J’accepte de ne plus être dans cette bulle n’admettant personne, et dans laquelle ma solitude était normale. J’accepte de me vivre seule au milieu des gens, de plus en plus. Et j’aime ça, je crois, de ne plus vivre ma vie au rythme de musiques qui l’accompagnent comme la musique accompagne un film.

Juste être là, écouter, et sourire.

Merci

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