Tranches de vie

Dès les premières notes.

Après une semaine plus que mouvementée, voici la première journée que mon emploi du temps me laisse passer dans une impression de calme et de douceur.
J’ai pris mon petit déjeuner trop tard, me suis douchée plus tard encore et n’aurai probablement pas le loisir de faire de tout ce que j’avais prévu aujourd’hui.

Tant pis.

Sous la douche, j’aime bien mettre de la musique. En général, les voisins de sont pas là, et pendant une petite heure passée à la salle de bain, je mets le son bien trop fort, je danse, je chante…

Alors j’ai mis de la musique.

Ni une ni deux, dès les premières notes et à entendre la voix légèrement nasillarde d’Olivia Ruiz, tout est remonté.
Il y a eu le concours blanc. Le dernier. Le bois de mon bureau, le vert pastel de mes murs. Ma salle de bain exiguë et pas très belle. Il y a eu mes réflexions sur le corps, la perception que l’on en a. Je m’intéressais au corps.
Le bol de coquillettes-knackies est revenu lui aussi. Bosser, bosser bosser. Acharnement, tant de retard.
Les heures de révisions chez la voisine d’en face, les fiches de français jamais finies, les citations de philo… Tout prévu, calibré pour faire au mieux.
Et puis il y a eu un message. Une discussion. Un appel.
Et puis il y a eu les nuits sans dormir. Les copies faites dans un état d’ivresse due à l’épuisement… Je revois ce lit trop grand pour moi, empli de bouquins, fiches, feutres, le plat à tarte contenant de la quiche, et Strip Tease sur l’ordi en même temps que je tentais de révisais.
Je me souviens de cette amie, j’ose, de nos discussions à longueur de temps sur nos vies. Douceur. Je me souviens de la douceur de ses photos que je retrouve avec plaisir chaque matin. Je me souviens de son soutien.
Je me souviens de cet instant. L’impression que plus rien n’avait de sens. C’était au milieu d’une dissertation d’histoire sur la colonisation. Je me rappelle être rentrée, et lui avoir dit « ‘T’avais raison, c’est que du bullshit », il m’a répondu « je t’avais dit ». Je me rappelle que plus rien de tout ça n’a eu d’importance à partir cet instant.
Je me souviens de ma fringale de lectures. De bouquins achetés, d’articles lus au lieu d’écouter des cours qui m’ennuyaient. Les heures, les heures, les heures à parler, à rire…
Ivre.

Dès les premières notes.
Elles sont revenues instantanément, toutes ces sensations en pagaille qui m’ont menée ici.
Tout est remonté. De la vanité à l’ivresse joyeuse des nuits sans sommeil.
Tous ces petits riens, ce mélange de petits touts qui on déterminé tant de choses.
Dès les premières notes.

Merci

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