Au quotidien

Limoges

Chère Limoges,

Tu es moquée, mal aimée. On te dit trop petite, et j’avoue t’avoir trouvée bien trop grise à mon arrivée. Je m’étais dit, en ce mois de septembre 2014 que jamais tu ne pourrais être mon chez-moi, et je ne savais pas alors combien je me trompais.
Il me manque, mon tout petit appartement sous les toits qui m’a vue pleurer toutes les larmes de mon corps quand la certitude de ne jamais y arriver se faisait trop forte, qui m’a entendue hurler quand la solitude était trop grande, qui m’a accueillie après des heures à la bibliothèque. Il me manque mon plus grand, qui a assisté avec moi à mes efforts acharnés pour ne pas vraiment la réussir cette dernière année, qui m’a vue heureuse et à bout, et que j’ai été bien en peine de quitter.
Elles me manquent ces soirées du vendredi, juste après le dernier DS avant les vacances. C’était un DS de latin si je me souviens bien. J’allais boire un chaï tea latte au Colombus café place de la Rep’, mon petit plaisir de début de vacances, avant de rentrer me préparer. On se retrouvait devant le lycée vers 19h, on faisait mine de débattre de notre lieu de restauration, mais on finissait toujours à la Fierenza, place Denis Dussoubs avant d’aller s’enfiler des bières Chez Michard en hurlant des chansons paillardes. Puis on rentrait, chacun chez soi, déclamant les stances du Cid.
Ils me manquent ces matins la boule au ventre avant un DS présumé raté par avance, avant les colles. Le soleil froid sur le lycée adoré à deux pas de chez moi. Ces quelques minutes à gueuler le chant du départ dans ma tête, pour me motiver à tout donner pour le concours raté.
Elles me manquent, Limoges, tes rues qui grimpent dans lesquelles j’adorais flâner les dimanches quand il faisait nuit, ta librairie dans laquelle j’ai passé bien trop de temps, point de rendez-vous des amies. Elle me manque, ta BFM, comme me manquent tes rues jusqu’à l’auto-école, et les retours sous ta pluie. Ta cathédrale immense dont les gargouilles dégueulaient l’eau qui coulait sur mon parapluie, ses vêpres le mercredi et cette voix du prêtre chantant « dans la lumière » lors du cantique des colossiens 1, ses homélies aussi.
Tu me manques, Limoges, et je me suis bien trompée il y a trois ans, alors que je pensais que jamais tu ne pourrais être mon chez moi.

Dans mon appartement, il flotte maintenant une vague odeur de bougie au tilleul qui fait invariablement ressurgir à mon esprit les murs verts de mon appartement que j’aimais tant et dont j’aurais aimé profiter plus. Je revois les pièces, revis les sensations, et me laisse emporter dans un tourbillon de nostalgie.
Je suis bien dans mon petit appartement presque Bordelais, j’y suis bien vraiment. J’aime marcher le matin avant d’aller à la fac, j’aime me ruiner chez Mollat et cette vie toute douce, vraiment. Mais rien n’y fait, j’ai envie de te retrouver.

Merci pour tout

Marie.

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