Au quotidien, Marcher avec Lui

Dans Tes bras

Il doit être deux heures du matin, un peu plus un peu moins, je ne sais plus. On est jeudi soir, ou plutôt vendredi matin très tôt, et je n’arrive pas à dormir. Il faut avouer que mon rythme est un peu décalé, et que je dors rarement avant deux heures, mais cette nuit là est différente. Je ne dors pas, et le sommeil ne semble pas venir.
Un peu plus tôt dans la soirée, on m’a fait lire un texte qui m’a beaucoup touchée, sans doute plus que ce que la personne s’est imaginée à ce moment là, et j’y pense. Tout un tas de considérations sur ce geste et le contenu du texte tournent en boucle dans ma tête. Je me dis que je devrais prier, mais je sens mes yeux piquer. Le sommeil vient, mais mon cerveau ne se tait pas. Je tourne tout ça dans ma tête encore et encore. Je me sens à la fois apaisée et agitée. J’aimerais me blottir contre quelqu’un pour être tout à fait calme, mais il n’y a personne : je vis seule. J’ai chaud, je me lève sans allumer la lumière, et vais baisser un peu le chauffage.
Le radiateur est juste à coté de la porte fenêtre qui me sert de porte d’entrée, et par les rideaux blancs un peu translucides qui préservent mon intimité du regard curieux des enfants des voisins, je remarque que l’extérieur était étonnamment lumineux, pour une nuit. J’ouvre le rideau, je regarde par le vitre, et bien vite, je me surprend à ouvrir la porte. Les voisins dorment. Tous. Plus une maison ne semble éveillée et je regarde ce temps étrange. Le ciel est orangé, je vois très nettement la voiture des voisins devant la terrasse ainsi que les arbres. Il n’y a absolument aucun bruit, je m’assieds.

C’était joli comme moment. J’étais seule au monde, au milieu du vent que je voyais dans les feuilles sans trop le sentir, au milieu des bêtes du jardin qui menaient leur vie loin des hommes. J’ai dit une toute petite prière pour l’auteur de ce texte qui m’avait trainée sur ma terrasse à une heure aussi tardive, puis j’ai chanté un peu la prière scoute. Il faut dire que le frais, la nuit, le vent, le peu de nature autour, ça m’a un peu fait penser à cette nuit à la belle étoile, il y a un peu plus d’un an. Je l’ai dite plusieurs fois cette petite prière que j’aime vraiment beaucoup. Et puis je me suis empêtrée, dans mes mots, mes demandes, mes pensées, mes prières, et je crois que la petite voix dans ma tête s’est tue pour écouter vraiment, pour une fois. Il n’y avait pas un bruit, et je savais pertinemment que j’étais seule à pouvoir déranger cet instant, mais à cet instant je ne pensais à rien d’autre qu’à ce silence paisible. Il y avait une puissante sensation de calme qui englobait tout, jusqu’à la petite voix dans ma tête lui intimant de se taire. Il n’y avait plus rien. Rien d’autre que ce moment que j’avais alors l’impression de posséder dans son intégralité, en même temps que je m’y laissais aller. J’aurais pu m’endormir là, sur le pas de la porte, si je n’avais pas eu peur que les voisins m’y trouvent au petit matin.
Je ne sais pas si j’ai déjà vécu moment plus réconfortant. Il n’y avait rien, personne pour parler au dehors, rien pour troubler ce calme, pas même la petite voix dans ma tête pour se dire à quel point on était bien. Pourtant, je ressentais au fond de moi un quelque chose, un peu plus grand que moi. Une grande paix, je crois, un peu ces mots qui m’avaient touchée, et puis cette sensation d’être le témoin extraordinaire d’un spectacle presque interdit : le spectacle de la vie sans l’homme.

Il est deux heures trente, mais je ne le sais pas encore. Je me lève, et je rentre, beaucoup trop brusquement par rapport à la douceur du moment, mais comment faire autrement ? Je retourne à mon lit, et je prends quelques instants pour l’écrire ce moment, dans mon carnet de sourire.

Je crois que ça m’a fait du bien, de me blottir dans Tes bras.

Merci.

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