Marcher avec Lui, Tranches de vie

Et si Tu étais un sourire ?

Avant de commencer, je demanderai aux croyants qui me lisent de ne pas trop juger si je dis de grosses bêtises, je débute !
Pour le reste, je voudrais ici m’adresser à cette personne en conversion je crois, qui m’a contactée de manière anonyme, mais n’est jamais venue me parler en privé (j’ai peut-être un peu trop insisté), aux gens qui ne croient pas, peut-être, et aux croyants parce qu’on m’a déjà demandé comment j’en étais venue à croire.

Le début de l’histoire n’est pas ce qu’il y a de plus joyeux ni de plus réjouissant. Nous sommes le 13 novembre 2015. Le garçon que j’aime est à Paris, quelle idée aussi ! Cette nuit là, je crois pouvoir dire que j’ai eu la peur de ma vie. Non, je n’y étais pas, et jamais je n’oserais comparer ce que j’ai vécu, loin, avec les gens qui étaient présents. Le lendemain, j’étais secouée, comme tout le monde, et sur internet, au milieu des « pray for paris » je lisais des gens selon qui il ne fallait pas prier. Surtout pas. C’était la religion qui avait fait ça. Moi j’étais là, toute seule, et je n’avais qu’une envie, aller dans une église. Je n’ai pas osé, je ne m’y sentais pas à ma place. Une athée à l’église, brr ! Pourtant, je voulais juste du calme, de la douceur.. Et voir des gens aussi, sans colère, sans rien d’autre. Juste être là avec d’autres. Petit à petit, ça a cogité. Je me disais que personne ne ferait rien contre Daesh. Plus confiance en les politiques. Nous, tous seuls ? On pouvait quoi ? Plus confiance. Le seul à qui on pouvait s’en remettre, c’était Dieu, peut-être, pour que ça s’arrête. Qu’on ne tue plus là bas, au Moyen-Orient, si loin de nous. Qu’on ne tue plus chez nous non plus. Que ça cesse. Alors si, justement il fallait prier. Il n’y avait plus que ça à faire. Alors j’ai cherché comment on fait, pour prier. J’ai trouvé une jolie prière de Jean-Paul II. Je l’ai dite, tous les soirs pendant plusieurs semaines. J’en avais besoin je crois. C’était ça, ou mourir tout de suite. Dieu était plus sympathique.

Ce n’est pas facile, quand on débute, de tout changer comme ça. J’ai mis longtemps avant de pouvoir me dire croyante. On ne dirait pas, mais c’est important, la définition. Jusqu’alors, j’étais athée, et j’ai eu un moment de flottement. Il faut dire aussi que ce n’est pas toujours chose aisée de dire que l’on croit en Dieu quand on a passé une certaine partie de sa vie à insulter le premier croyant qui passe. Ça remet quand même des choses en cause, et puis tous ces préjugés qu’il peut y avoir, on les a eu, on les connait, et bien. C’est vrai que bien souvent, pour beaucoup, être catho, c’est être homophobe, réac, raciste… C’est être un con. Pour d’autres, c’est renoncer à toute forme de volonté propre. Le croyant n’a plus la moindre liberté, il obéit à un dogme aveuglément, et c’est d’autant plus idiot qu’il n’existe même pas, ce gars là haut qui dicte tout. Faut quand même être sacrément dérangé, et puis c’est un peu la solution de facilité, de croire, de s’abandonner.

Pourtant, je ne trouve pas que ce soit toujours facile. Tout du moins, je pense pouvoir dire que je ne me suis jamais posé autant de questions que depuis que je crois. C’est quand même pas facile d’essayer de concilier ce qu’on a toujours pensé avant avec ce qu’on pense maintenant pour que ça ne fasse quand même pas trop mal, le changement.
C’est pas toujours facile, politiquement, de devenir croyant. On en dit quand même beaucoup de mal, des cathos, alors on fait comment, quand on a les idées d’avant et Dieu en plus ? On fait comment par rapport à Dieu ? Il nous aime quand même ? On fait comment par rapport aux autres ? Ça risque de bousculer des choses ça, un catho qui ne manifeste pas contre le mariage gay, mais qui va à la messe le dimanche. Ça risque d’être dur parfois, de faire comprendre que c’est pas toujours la même chose, que croire, ce n’est pas renoncer à toute forme de liberté. C’est dur parfois, de dire qu’on croit, mais qu’on n’a pas changé en fait. On a peur au début un peu, d’être assimilé à ces gens avec qui on ne veut surtout pas être assimilé… Et puis en fait, c’est pas ça l’important je crois. C’est pas d’être tradi ou pas.. Au fond, je suis pas sure que Jésus nous aime plus ou moins en fonction de nos idées politiques. Peut-être que je me trompe. Peut-être pas. Je ne sais pas. Mais je me dis que ce n’est pas ça qu’Il demande, au fond. Je ne sais pas, je me dis que c’est bien au delà, et qu’au fond, tout ça on s’en fiche. Je me dis que ce qu’Il veut, c’est surtout l’amour. Le vrai, tu sais. Pas un amour des pauvres plein de pitié, pas un amour qui va à la messe juste pour faire joli. Je me dis que ce qu’Il veut surtout, c’est qu’on essaie de ne pas se blesser chacun, qu’on se pardonne quand on se blesse. C’est bien assez dur comme ça, l’amour, le vrai. Alors pourquoi se laisser enquiquiner par la politique, tout ça, et ce que les gens en voient ?
Pourtant, c’est pas facile, je sais, quand on arrive dans tout ça, de pouvoir dire aux gens « Je crois ». Et puis un jour, quand tu crois, ça se voit, parfois. Il y a des gens qui écrivent des jolies choses sur Dieu, de petites prières toutes simples, pleines de joie. Il y en a d’autres qui rayonnent, comme ça, quand tu les vois, il y a quelque chose, un peu de joie, de l’espoir, quelque chose. Il y en a qui ont l’air amoureux. Il y en a ça leur donne juste l’espoir, et l’envie de faire en sorte que le monde soit un peu mieux. C’est peut-être ça qui compte au fond, ce que la foi te fait à toi, dans ta vie.
Quand on m’a demandé qui était Dieu pour moi, je n’ai pas su répondre. Je sais que ce n’est pas juste « un ami imaginaire » comme certains disent, ce n’est pas une faiblesse non plus. Pas comme c’est parfois entendu. Peut-être en fait que Dieu, pour moi, c’est juste ce petit sourire le soir, quand je me couche et que je me dis que c’était chouette cette journée. Le sourire du soir, quand la journée n’était pas si chouette que ça, que j’ai pas fait ce qu’il fallait, et que j’ai quelqu’un à qui demander pardon pour ça, et que ça fait du bien. Le sourire à quelqu’un dans la rue, pour montrer que je suis bien, parce qu’on n’en croise pas assez dans la rue, des gens qui ont l’air content. C’est un sourire sans raison, d’être là, simplement.

Merci !

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1 réflexion au sujet de “Et si Tu étais un sourire ?”

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