Un peu de rien

Il n’est plus si tôt que je le pensais. J’ai raté le petit déjeuner.
Tant pis.

Là, tout de suite, il n’y a tout simplement rien à dire. Il fait chaud, mais j’ai du thé, toujours. Il y a le Magnificat, ouvert à la prière du matin. Pas lue. Il y a aussi ce qui devait me servir de petit déjeuner, mais il est trop tard maintenant. Il y a un peu de vent parfois, qui donne l’illusion de rafraichir. Il y a mon russe qui m’attend sur mon bureau.

Il y avait les réseaux ouverts aussi.

Et puis trop de gens qui râlent, tout le temps. À croire qu’ils ne sont fait que pour ça les réseaux : râler.

Fermés.
Il n’y a vraiment rien à dire.

C’est entre le silence et le bruit. On entend la rue au dehors, on voit le ciel bleu, bien bleu.

Rien d’autre.

Je crois que j’aime bien quand il n’y a rien comme ça. S’il n’y avait pas de repas à préparer, j’aimerais bien me laisser aller à lire dans ce silence.

Sans rien.

Mais il y a le repas, et mon ventre qui l’appelle, surtout mon ventre qui l’appelle. Il y a la chaleur, c’est vrai. Les soucis aussi, mais je crois qu’aujourd’hui ce n’est pas grave. Là tout de suite, dans mon rien à dire que je m’efforce d’écrire, il n’y a rien.

Il est doux, tu sais, ce petit rien. Il donne cette impression de plus lent, comme en entrant dans l’église avant les vêpres le mercredi.

C’est dans ces moments là que je m’en rends compte vraiment, de l’importance du « rien » parfois. Rien à faire, rien d’urgent, pas de fond sonore, pas les soucis des gens.

La rue, mon thé, et Lui.

Merci

À nous de prendre le vent

Tu ne m’en voudras pas Corine, dis, pour le titre ?

Il y a presque deux heures que je suis levée. Petit déjeuner même pas encore fini. Deux heures après, oui.

Elle est là pourtant ma « To do list » juste à coté de l’ordinateur. Oui, elle est là qui rappelle qu’il faut se hâter pour le dossier pour la fac, pour les recherches d’appartement aussi. Se hâter.
Pourtant il fait frais encore par les Velux, il y a l’hymne de la Pologne quoi retentit. J’aime bien l’hymne de la Pologne. Je ne comprends rien, et dans les paroles ont y voit de drôles de lettres. Il est doux pourtant, joyeux en même temps, et entrainant. Il donne envie je crois.

Il y a son blog aussi. Tous ces articles en retard. Tous doux, tout doux. C’est presque une prière géante son blog. Il fait du bien au matin. Il donne envie pour le reste de la journée.
Il va bien son blog, avec Ta prière au matin, avant de s’y lancer vraiment dans cette lettre pour la fac. Avant de boucler l’organisation des visites qui font peur.

On y croit, quand on est enfant, qu’ils sont forts les grands, qu’ils n’ont peur de rien. On le croit de tout notre coeur, parce qu’on en a besoin aussi, je crois. C’est pour se rassurer encore un peu du monde qui arrive. C’est parce qu’ils ont peur les grands, de nous faire mal. Alors ils se montrent forts comme des montagnes, pour nous protéger. On y croit.
Pourtant, quand on devient un grand, on a peur aussi, toujours. Elle s’en va pas la peur. Peur de l’inconnu, peur un peu aussi de la voir s’estomper cette grande montagne qui protégeait tout.
C’est un peu comme un bébé qui nait, quand on grandit, finalement. On n’a plus grand chose pour protéger, mais tout plein de choses à découvrir.
Mais ça fait peur quand même, de grandir.

Alors je reste encore un peu avec mon doux, avec le sien, et le Tien surtout, avant de me plonger dans la vie de presque grand.

Merci ! (Hein Corine, dis, merci.)

Te remettre au centre de tout.

Insomnie. On dirait que c’est une habitude pour le sommeil, de me fuir quand il ne faudrait pas.

Alors j’en ai profité pour regarder un peu comment elle avait été cette année, à travers le compte Instagram, qui avait fini par prendre le relais de twitter.
Je n’y ai vu que du doux, que du joli.

Fou.

J’ai comme l’impression que des années me séparent de ce mois d’octobre, au début de ce blog, de ces mois de décembre, janvier et février.
Il est parti où le doux ?
Je l’avais sentie dure cette année, vraiment trop. Elle semble douce pourtant à me relire, un peu après.
Elle était peut-être jolie, finalement. Oui j’y gagnerais peut-être à me souvenir du joli.

Il y avait les vêpres du mercredi, la messe du dimanche, les soirées douces à essayer de travailler, la musique, les cappuccino, les repas et les gâteaux. Il y a eu un peu de scouts, mais pas assez, c’est vrai. Il y a eu le début du baptême à préparer, les gens chouettes rencontrés. Il y a eu les films aussi. Il y a eu des questions, beaucoup, tout le temps. Elles sont encore là elles, un peu loin de ce doux, qui essayait de se trouver des habitudes.

Et qu’elle est douce à relire cette année qui semble si loin ! Qu’elle me semble jolie soudain ! Comme j’aimerais retrouver Marie, plus jeune d’un an pour lui dire de s’y agripper à son doux, qu’il file vite et qu’une minute d’inattention suffit à le laisser s’en aller.

On n’est pas le premier janvier, mais elles sont là les résolutions. De nuit en pleine insomnie, de s’efforcer de mettre le doux un peu partout, de Te remettre au centre de tout.

Il est peut-être parti là le doux, avec Toi quand je n’étais pas là.
Peut-être qu’il n’est même pas parti.
Toujours avec Toi.
Peut-être que c’est à moi de revenir. De Te revenir.

Te remettre au centre de tout.

Merci !

Continuer à la fin

Ça y est. Fini de chez fini, pour de vrai.

Elle est déjà pleine la tête, de projets de mémoires, de recherches d’appartement, de stress et d’angoisses en tout genre.
Je pensais qu’elles partiraient avant la fin de l’année, elles sont là. Je pensais qu’elle serait facile cette année. Pour être honnête elle ne l’a pas été.

Finie.

Il est né en octobre ce blog. Au tout début de cette année plus que mouvementée. Il est presque né avec elle. Il s’est parfois tu, parce que parfois, tu vois, c’est dur de partager des sourires quand soi-même on n’en a pas. Parfois ils sont difficiles à sortir, les sourires.

Pourtant ils n’ont pas menti tout au long de cette dure année. Ils ont tous été vrais.

Ça m’a posé problème parfois, tu sais, d’écrire des sourires comme ça, quand à coté ce n’était pas toujours ça.
Mais ce n’est pas mentir je crois. Non, vraiment pas. C’est vrai quoi, on a le droit d’avoir un sourire quand rien de va, de le partager aussi. On peut, hein, pourquoi pas ? Oui, je crois qu’on a le droit.

Je voulais partager une chaine de bonne humeur ici, pour endiguer les râleries sur les réseaux auxquelles je prends part, je ne m’en cache pas. Mais ça n’empêche pas je crois. Non, vraiment. Je le crois tu vois, qu’on peut ne pas être satisfait de tout un tas de choses, qu’on peut le dire même, et partager le doux aussi, un peu, parfois. J’y crois, moi.

Je voulais dire qu’il y a du joli dans la vie, et il y en a, même quand tout le reste ça ne va pasu milieu de tout ça il y en a. Et plus j’y réfléchis plus je le crois.
Je n’ai pas les épaules pour écrire des kilomètres sur la politique de notre président, ce que je pense du militantisme ou je ne sais quoi. Non, je ne les ai pas. Mais parler des petits moments de doux, ça oui, je peux. C’est pour ça qu’il est né, ce carnet. C’est pour ça je crois que j’ai envie de continuer ici, malgré tout. Envers et contre tout, presque. Oui, j’ai envie de continuer là.

Elle est finie la prépa et cette dure année avec elle, mais les sourires ne s’arrêtent pas. Certains jours, il y en a plus que d’autres, c’est vrai, mais il y en a toujours un peu.

Alors sourions tous un peu, au soleil, à la chaleur, à l’été qui arrive et essayons de les vivre vrais, nos sourires, même au milieu des coups de moins bien. Les petits mieux ne sont pas des mensonges, sourions, oui, sourions Lui.

Merci

Lit en bazar d’une préparationaire en fin de carrière

La première en chemin

Il fait beau. Presque trop. Oui, trop beau et chaud pour mon petit appartement sous les toits.

C’était une grosse nuit de presque douze heures. Endormie bien plus tôt que prévu à cause des douleurs, levée bien plus tard que prévu à cause du confort de mon lit.
Mais il est l’heure maintenant, de se lever et de déjeuner. Jusqu’au dernier moment, Tu sais, j’ai hésité à y aller. Non. Ce matin, la messe, je n’avais pas envie. Alors j’ai lu un peu.

Seulement, dans mon « pas envie », Tu devais m’appeler un peu, parce que j’ai mis une alarme sur mon téléphone, pour me rappeler qu’il fallait m’habiller. Juste assez tôt pour ne pas Te rater.
Alors j’y suis allée.

Dehors il fait chaud, mais je la connais bien ma cathédrale maintenant. Par coeur presque. Alors je sais qu’il ne faut pas se fier au chaud du dehors. Dedans, il fait frais.
Ce n’est pas ce froid glacial de l’hiver qui demande tout pleins de couches pour supporter les 2,5°, non. C’est un petit frais qui fait du bien. Qui donne envie de rester là plus longtemps avec Toi.

Dedans, il y a la feuille de chant. J’aime bien quand je les connais, les chants. C’est toujours ce que je regarde en premier.

Et je l’aime bien, Tu sais, celui qu’ils ont choisi pour l’envoi.

À la fin de la messe, elle a commencé à le chanter, quand le prêtre partait.

La première en chemin, Marie tu nous entraînes
A risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu.
Et voici qu’est semée en l’argile incertaine
De notre humanité, Jésus-Christ, Fils de Dieu.
Marche avec nous, Marie,
Sur nos chemins de foi,
Ils sont chemin vers Dieu (bis).

Je l’aime bien, moi, ce chant.

Il me rappelle un peu cette année pas toujours facile, un peu ratée, même.
Il me rappelle ces samedis après-midi à marcher sous la pluie, à pester contre ces automobilistes qui roulent dans des flaques à coté de moi. Il me rappelle tous les efforts pour sourire même si elles m’agaçaient ces heures de conduite, même s’ils m’agaçaient aussi, les moniteurs.
Il me rappelle quand je rentrais à 18h, qu’il faisait nuit et qu’il était beau, le jardin de l’évêché le long de mes détours.
Il me rappelle un peu ces moments où le sourire se forçait mais n’en était pas moins sincère.

Il était un peu nostalgique, ce chant. Pas vraiment nostalgique d’un bonheur perdu. Non. Nostalgique d’un petit combat contre moi, pour rester avec Toi.

Merci.

Le dimanche

Le dimanche, il y a d’abord la messe.

Non. Avant, il y a le réveil, vers neuf heures. Le réveil qui traine un peu au lit, entre l’ordi et les bouquins. Réveil un peu somnolant.
Ensuite, il y a le petit déjeuner, et la préparation pour la messe.
Puis le dimanche, il y a la messe.

Apres la messe, je n’aime pas trop m’attarder, parler aux gens. Non, vraiment, ce n’est pas trop mon truc. Je suis bien, dans ma petite bulle, juste Lui et moi à le transporter un peu jusque chez moi.
Parfois, il y a mon ami du caté. Si, avec lui, j’aime bien parler.

Le dimanche, c’est un peu particulier, de rentrer manger après la messe. Tout habillée, tout comme en semaine, mais non. Tout est plus calme, et plus joyeux aussi.

Le dimanche, après avoir mangé, je me mets en pyjama, toujours. Je n’aime pas trop rester habillée le dimanche. Les habits sont pour la messe, mais c’est tout.

Après tout ça, le dimanche, il faut se mettre au travail, tout doucement, tranquillement. Le repas se finit avec un café, en attendant d’aller travailler?

Ce dimanche, il fait beau. Le ciel est bleu au dessus des velux. Il fait chaud, mais pas encore trop.
Ce dimanche, il est calme. Il es doux aussi. Paisible. La fin de l’année qui arrive, loin du stress et de la mauvaise humeur trop forte.

La semaine qui commence bien.

Merci

Au saut du lit

C’est le matin. Ou peut-être plus trop.

Je saute du lit, presque littéralement, et direction la boite aux lettres. Il doit y avoir un livre pour moi aujourd’hui.
C’est un livre pour les cours, et c’est vrai qu’ils m’agacent en ce moment, les cours. Alors je ne devrais surement pas en être si contente que ça. Pourtant c’est une joie.

Un petit recueil de nouvelles, tout plein. Une auteur que je n’ai jamais lue, pas encore.

Ça va en faire, des mots à découvrir, sous le prétexte de ma toute dernière explication de texte littéraire. La dernière en prépa tout du moins. Ne nous emballons pas avec des « toujours » et des « jamais ».

Au saut du lit, je suis sortie en pyjama, dans le froid de l’immeuble espérant ne croiser personne. Par chance, il fait un temps de novembre. Les gens ne sortent pas trop par ce temps. Alors je les entends au chaud derrière leurs portes.

Il est là, le livre. Tout petit, posé dans la boîte aux lettres. Et je ne peux m’empêcher de l’ouvrir dans l’escalier, si bien qu’une fois arrivée, je n’ai plus qu’a jeter l’emballage. Bien arrivé.

Ce n’est plus trop au saut du lit. Mais elle n’a pas encore vraiment commencé, la matinée. Je n’ai même pas encore pris mon petit déjeuner. Je suis allée flâner sur le blog de Corine. Un peu. Puis un peu plus. Et puis voilà qu’il est midi et que je me suis laissée emporter dans le doux des jolis mots.

Dès le saut du lit ça se sentait, qu’elle allait être douce cette journée.

Il est temps de prendre un café.

Merci